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Cela s’est passé un 4 avril 2020 – La première femme parachutiste d’Algérie tire sa révérence

Madame El Moussaoui Fatima née Ghali, infirmière combattante et première femme parachutiste d’Algérie, s’est éteinte le 4 avril 2020 à l’âge de 80 ans au terme d’une vie riche et d’un parcours passionnant.

Elle avait 23 ans lorsqu’elle débuta en 1963 ses cours de parachutisme à l’aéroclub de Sidi Bel Abbès. Ce dernier était probablement le seul centre d’aviation en Algérie à n’avoir pas chômé après l’indépendance puisqu’un grand nombre de moniteurs et instructeurs français avaient décidé de rester en Algérie après 1962 et ils ont continué à dispenser leur noble tâche aux jeunes générations de l’Algérie indépendante.

Infirmière combattante et première femme parachutiste de l’Algérie indépendante, Fatima Ghali a été honorée à l’aéroclub de Sidi Bel Abbès le 8 mars 2016, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes. Une journée qu’elle  gardera en mémoire, elle qui avait seulement souhaité trouver quelqu’un à qui lui raconter son histoire, toute son histoire…

Un récit émouvant, qui débute en septembre 1959, date à laquelle elle réussit son concours d’admission à l’école de santé du département d’Oran, puis son passage à la maison de torture, sise sur le boulevard Zabana (ex-bd Maréchal Joffre – SBA) après qu’elle fut accusée de fournir des médicaments et d’aider les « fellagas », vint ensuite son passage à l’aéroclubde SBA où elle fut félicitée par le président Ben Bella après un saut en parachute à Alger d’une hauteur de 3.000 mètres et enfin ses nombreuses navettes, toute seule, à bord de son propre véhicule, que ce soit de Bedeau à Tlemcen en 1962 ou de SBA vers Alger après 1965. Dans les deux cas, elle transportait des enfants malades qu’il fallait évacuer à Tlemcen pour les premiers et vers l’hôpital Maillot (Alger).

 Infirmière de renom de la région, Fatima Ghali, n’a jamais cessé de prodiguer aide et assistance aux malades sans le sou. Elle a été emprisonnée, mise dans une «cave» en 1961 par les «forces locales» et allait subir d’atroces tortures pour son assistance et fourniture de médicaments aux combattants de l’ALN. D’ailleurs, elle racontait avoir été sollicitée au cours de l’année 1961, en urgence dans une forêt de Bedeau où elle devait amputer, des deux jambes, un moudjahid nommé Si Noureddine, pris au piège lui et ses compagnons d’armes dans une embuscade tendue par l’armée coloniale, sous une température frisant le zéro degré. Et dans ce contexte, tout en nous signalant que le moudjahid Si Noureddine vit à ce jour à Télagh, elle exhibe un certificat de reconnaissance signé par le commandant de secteur Si Fodil, en 1963, pour son soutien inconditionnel à ses frères d’armes, mais ce document, elle ne l’a jamais utilisé même pas pour se faire délivrer une fiche communale comme tout autre moudjahid.

Dès l’indépendance, elle était parmi les premières femmes infirmières à s’occuper des enfants et s’est sentie forcée de passer son permis de conduire qu’elle obtint avec succès et devint ainsi l’une des premières femmes à conduire un véhicule à Sidi Bel Abbès. Mais auparavant, elle dut retourner à sa ville natale Ras El Ma (ex-Bedeau) dès 1962 pour s’y donner à plein temps dans une maison mise à sa disposition par un certain Lamara Zouaoui qu’elle a transformée en hôpital de fortune pour accueillir les malades de la région. Cependant, moins d’une année plus tard, en 1963, elle se rappelle le sous-préfet de Télagh, accompagné de ce qu’elle pense M. Djamel Ould Abbas, médecin à l’époque à Télagh, qui lui intimèrent l’ordre de rejoindre l’hôpital de Sidi Bel Abbès en raison du nombre élevé d’enfants malades. Elle n’oublie pas que lors de son séjour à Ras El Ma, elle fut d’une aide capitale pour la formation d’une dizaine d’infirmières dans la région et se rappelle même plusieurs d’entre-elles toujours en activité.

A la même époque, l’aéroclub de Sidi Bel Abbès, qui fut l’un des premiers aérodromes d’Afrique du Nord, grouillait de monde, le jeune président Daho Bel Hadri, un infirmier de formation, a été l’un des plus dynamiques et actifs présidents du club et en compagnie des instructeurs français, il réussit à rassembler autour de lui des jeunes désireux faire carrière dans l’aviation. Dans sa campagne de sensibilisation à toutes les catégories de jeunes susceptibles de voler et de faire carrière dans l’une des disciplines enseignées, il trouva une ouïe fine de la jeune infirmière Ghali Fatima, alors exerçant au même titre que lui à l’hôpital de Sidi Bel Abbès. Cependant, elle avait une tout autre intention et objectif dans sa tête en acceptant la proposition du président de devenir une parachutiste. Elle croyait tout simplement que cette occasion de largage par parachute allait lui permettre de secourir une population isolée ou des djounoud blessés en cas de guerre dans les montages. Une intention plus que sincère lorsque l’on écoute son récit émouvant sur sa jeunesse dévouée complètement à la patrie.

Parallèlement et tout en continuant son entraînement à l’aéroclub, elle réussit plusieurs sauts de parachute qui ont été effectués au-dessus de ce qui était appelé à l’époque le champ d’oliviers, actuellement l’usine ENIE; elle réussit à faire de nombreux autres sauts à Sidi Bel Abbès, une soixante, qui lui permirent d’être douée et fut invitée pour des sauts d’exhibition en parachute à Alger.

Ce jour-là à Alger, elles étaient seulement deux filles, elle et sa copine de Saïda, le moniteur, embarqué sur l’hélicoptère avec elles, leur signifia clairement qu’il y avait un vent fort de quelques dizaines de nœuds rendant tout saut de parachute dangereux ou impossible, elle insista « parce qu’il y a le président qui nous attend en bas », dit-elle à son instructeur. Et ce fut chose faite, elle sauta dans le vide au-dessus d’Alger et fut emportée plus loin qu’elle ne l’espérait en raison du fort vent comme annoncé mais elle fut acclamée en héroïne, le président Ben Bella lui-même s’approcha d’elle et la félicita chaudement. «Il m’embrassa», dit-elle en ajoutant: «C’était là mon grand bonheur pour ce saut de parachute !» C’est ainsi qu’elle fut la première femme parachutiste d’Algérie. De retour à Sidi Bel-Abbès, elle continua son combat contre les maladies des enfants, et avait proposé à son chef de centre d’aller à la rencontre de la population pour éradiquer ces maladies infectieuses telles la diphtérie, la rougeole, la poliomyélite, le tétanos, etc.

Le 8 mars 2016, elle faisait partie de quelques femmes qui ont été honorées par les autorités locales de la wilaya de Sidi Bel Abbès à la maison de la culture Kateb-Yacine de SBA et nous (membres du comité de l’aéroclub) avons tenu à l’honorer par cette contribution pour qu’elle puisse demeurer dans la mémoire collective et servir d’exemple pour les générations futures.

Source : https://bel-abbes.info/sidi-bel-abbes-la-premiere-femme-parachutiste-de-la-ville-tire-sa-reverence/

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3 commentaires

Justin 17 avril 2020 at 4 h 54 min

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Un saut en parachute à la verticale d’Alger ou sur la baie reste quasi-impossible sans haute préparation et sans équipement (gilet de sauvetage et canot pneumatique ) pour l’amerrissage.Un tel saut ne peut être réalisé que par les chuteurs opérationnels (groupe spécial).

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Mourad Mahdioui 16 juillet 2020 at 20 h 05 min

peut être le 4 avril 1920 ! puisque en 4 avril 2020 on dit PLASTEK F ELCOUSINA!

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