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Histoire d'Algérie L’Algérie contemporaine (1962 à nos jours) La colonisation française (1830 à 1962)

Baya Hocine, la journaliste

C’est une autre icône de la Casbah, quartier mythique qui a enfanté tant de révolutionnaires, et particulièrement des femmes. A l’image de Baya Hocine, de son vrai nom Baya Mamadi, née à la Casbah d’une famille kabyle dépossédée et contrainte à rejoindre la vile, et qui a très tôt rejoint les structures du FLN, influencée par son grand frère engagé à l’UGEMA des étudiants musulmans.

Prisonnière et déjà condamnée à mort à 17 ans, plus jeune des six femmes condamnées à mort pour leur implication dans la guerre des bombes qui a opposé la France coloniale aux indépendantistes d’Alger entre 1956 et 1957. Jugée par un tribunal pour mineurs, heureusement pour elle, elle est rejugée et sa condamnation à mort confirmée mais annulée plus tard en cassation. En 1962 elle est libérée après 6 ans passés au cachot, Serkadji ex-Barberousse, Oran puis la France.

  L’Algérie indépendante, elle rentre au pays, reprend ses études, travaille comme journaliste et finit députée du FLN en 1977, sous Boumediene puis Chadli où elle s’oppose au nouveau Code de la famille faisant des Algériennes des mineures à vie. Elle a d’ailleurs toujours écrit, bien que son père, autoritaire et dur, mort alors qu’elle n’a que 6 ans, lui ait toujours interdit de fréquenter l’école française. En 1958, alors que Henri Alleg publie son fameux « La question » sur sa torture et détention à Serkadji, les autorités françaises décident de fouiller la prison Serkadji et de saisir tous les journaux intimes, carnet et écrits, dont ceux de Baya Hocine, qui finira aux archives, suscitant un intérêt pour l’armée coloniale, notamment au sujet des dissensions entre le FLN et le parti communiste algérien. Témoignage unique en son genre et source plus tard pour des études sur les prisons algériennes tout comme sa compagne de prison, Jacqueline Guerroudj, condamnée à mort elle aussi, on y voit la guerre vue par une femme, alors que les sources étaient généralement masculines. Baya Hocine meurt le 1er mai 2000.

Chawki Amari

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