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Histoire d'AlgérieLa colonisation française (1830 à 1962)

Arrivée de l’armée française à Sidi Fredj et Staoueli – Partie 1- les préparatifs de défense

Débarquement français à Sidi Fredj

Hamdan-Ben-Othman-Khoja était un savant et notable d’Alger. Proche du Dey Hossein au moment du débarquement des français sur les côtes algériennes, il nous offre un précieux témoignage sur les préparatifs de défense et les nombreux cafouillages qui ont sans aucun doute conduit à la perte d’Alger. En dénonçant les exactions commises par les français dès leur arrivée sur le sol algérien, il devient le premier essayiste sur le sujet. 

Voici un extrait choisi, extrait de son livre : « Le miroir » 

Hussein Pacha avait écrit aux kabyles et aux arabes pour leur apprendre les intentions hostiles des français à leur égard, et pour leur donner l’ordre de se tenir prêts au premier signal. On lui répondit qu’on était prêt, et qu’on attendait plus que les ordres du Pacha pour accourir et le défendre. Hussein pacha avait écrit également au bey d’Oran, en lui recommandant de se tenir sur ses gardes ; Il avait aussi prévenu le bey de Constantine de bien fortifier le port de Bône, et comme il y avait trois ans qu’il n’était venu à Alger, il lui ordonnait l’ordre d’y venir, comme pour se conformer à l’usage et sans déranger les tribus.

Le pacha donna aussi l’ordre de faire le recensement des ouvriers dans la ville d’Alger, d’envoyer dans les forts, pour être destinés à la manœuvre de l’artillerie, ceux qui seraient aptes à ce service, et de nommer un chef à la tête de chaque compagnie. L’agha Ibrahim, qui était le gendre du pacha, n’avait jamais passé pour être un bon général, et ne connaissait pas beaucoup la tactique militaire. Son prédécesseur, Yahia Agha, avait rempli pendant 12 ans cette charge sous le règne de Hussein pacha. Il était aimé de tous pour ses tactiques de guerre. L’envie et la jalousie qu’il inspira au Khaznadji, qui avait l’oreille du pacha, portèrent celui-ci à intriguer contre lui. Au moyen de rapport mensongers et à l’aide de faux témoins, à qui il avait promis des charges dans le cas de succès, il arriva à destituer Yahia Agha. Le pacha l’ayant exilé à Blida, le remplaça par Ibrahim son gendre, homme dépourvu de bon sens et de capacité. Craignant que leurs intrigues ne soient découvertes et que Yahia Agha ne reprenne son poste, le Khaznadji et ses hommes ourdirent de nouvelles machinations, ils alléguèrent qu’il était de mèche avec les kabyles et les arabes, que ces chefs venaient lui rendre visite pendant la nuit, dans le but d’attaquer Alger et de s’emparer du pouvoir. Ils parvinrent à faire croire au dey que Yahia agha était un traitre avec de faux documents. Hussein pacha ordonna l’exécution d’un de ses meilleurs chefs de guerre. Après la fâcheuse affaire de « la Provence » on envoya à Ibrahim Agha le plan tracé des français, en lui désignant le point où ils devaient débarquer, ainsi que le nombre exact des vaisseaux et des soldats qui composaient l’armée. Malgré toutes ces informations il n’avait rien préparé, ni pris aucune mesure et aucun ordre n’avait été donné. Il prétendait que lorsque les français mettraient pied à terre, il les entourerait avec les kabyles, qui n’était même pas à sa disposition, car il aurait fallu donner desordres pour qu’ils eussent le temps de se rendre aux lieux indiqués, sans fatigue, afin de repousser l’ennemi (il fallait une semaine à certaines régions de kabylies, à d’autres d’avantages, certains marchent à pieds, d’autres ont des chevaux ; quant aux arabes qui était beaucoup plus loin d’Alger nul ordre ne leur avaient été donné.)

L’armée dont disposé Ibrahim Agha n’était composée que des habitants de la Mitidja qui ne sont pas de véritables soldats. A Sidi Fredj, on n’avait fait préparer ni artilleries ni retranchements, il y avait seulement une douzaine de canons que son prédécesseur avait placés là au commencement de la déclaration de guerre…

Hamdan-Ben-Othman-Khoja

Extrait de « Aperçu historique et statistique sur la régence d’Alger : Le miroir » Ed 1833, sidy Hamdan-Ben-Othman-Khoja

Image à la Une : Le Dey Hussein observant la flotte française depuis la citadelle d’Alger

Image intérieur : Débarquement français à Sidi Fredj

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