TLEMCEN : Sainte Marie et Lalla Setti veillent sur la ville

En évoquant le nom de ces saintes à Tlemcen, on ne peut s’empêcher de jeter un regard furtif sur les hauteurs de la ville où se dresse le majestueux plateau qui domine le Tout-Tlemcen de ses 1000 m d’altitude.

Ces lieux sont bénis par la nature et par les Dieux qui ont confié ces hauteurs sacrés à la Sainte Marie (Notre Dame de Fatima) et à Lalla Setti El-Hourya. Le mausolée de Lalla Setti comme par un vrai miracle est toujours là. Oui, on peut parler de miracle. Pendant plus de dix ans, ces lieux étaient désertés et livrés à la solitude car la forêt des petits perdreaux était la base-arrière de la horde terroriste. Faut-il rappeler que le sanctuaire de Sidi-Boumediène a été entièrement brûlé pendant la même période.

Durant l’hiver, le plateau de Lalla Setti n’est que silence, les lieux sont déserts, mais dès les premiers jours du printemps jusqu’à la fin de l’automne, le plateau de Lalla Setti retrouve une ambiance que l’on ne trouve nulle part. Le modeste mausolée de notre sacrée dame entièrement restauré reçoit beaucoup de zyarate. En pleine nuit, on peut entendre les stridents youyous qui fusent de cette falaise et dont les échos comme par la magie des temps de l’histoire sont renvoyés par la muraille de Mansourah.

Le plateau de Lalla Setti reste l’endroit le plus prisé par la population de Tlemcen, le randonneur peut s’offrir le luxe d’avoir Tlemcen à ses pieds. Cette vue majestueuse a tellement fasciné Ibn Khaldoun et c’est avec ces mots qui prennent toute leur valeur qu’il décrit : «Tlemcen est semblable à une fiancée qui se prélasse sur son lit nuptial.» Devant le mausolée de Lalla Setti, seule la légende peut nous offrir la vérité. Lalla Setti serait la fille d’un saint musulman de Baghdad, Sidi Abdelkader El-Djilani.

Dans un ouvrage consacré à cette sainte, Alfred Bell fait une concession à Mme Marabal Berthoin pour parler de la libératrice de Tlemcen. «Salut Lalla Setti, celle qui protège les hommes et qui est reine des femmes. Sa demeure est dans les monts, elle est marquée d’un cercle, mon salut à la très Sainte, celle qui domine Tlemcen. » On ne peut évoquer Lalla Setti sans parler d’une autre dame, Lalla Myriam (Sainte Marie), le Sensé de Tlemcen, le chanoine douteux en l’honneur de notre dame de Fatima, plus connue sous le nom de Lalla Myriam. Pendant des siècles encore, ces deux vénérées dames continueront à veiller sur les lieux mystiques.

Pendant tout l’été, les femmes de Boudghène et El Kalaâ sauront faire revivre le plateau qui reste une légende vivante de la capitale des Zianides. L’éternel voyageur, Michel Rameau, vous invite à une balade en ces temps : «Il n’est que de parcourir les rues de Tlemcen, ou de flâner dans ses environs pour que surgissent sous vos pas légendes et faits historiques. » Le plateau de Lalla Setti et de la Sainte Marie en vaut le détour à défaut d’une zyara.

 

M.Z

  1. In Le Soir d’Algérie du 06/08/2008

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