Sidi Abd al Rahmân, un penseur et théologien algérien du XVe siècle 1383- 1470 (784-875 H.)

Abû Zayd Abd al – Rahmân Ibn Muhammad  Ibn Makhluf  al Thaâlibi est né vers 1383, à Alger , pour certains, aux Issers pour d’autres. La tribu Thaâliba, branche des Banû Hilâl dont il est originaire, occupait  alors la Mitidja et entretenait, en fonction des circonstances, des rapports plus au moins tendus avec les  Emirs d’Alger et ceux  de Tlemcen, dont la région dépendait.

Après des études primaires à Alger, Abd al-Rahmân quitte sa ville natale à 16 ans pour continuer sa formation à Béjaïa avec les maitres al- Machaddali et al-Ughlisi : d’après certaines sources, il se maria à Bejaïa et, aujourd’hui encore certaines familles disent être de sa descendance.

A Tunis, il suivit l’enseignement du cheikh Abû Abd Allah al-Ubbi qui lui délivrera un diplôme lui permettant de professer (Idjaza). Il séjourna également au Caire où mourut, quelques années plus tôt, Abd al Rahmân Ibn Khaldûn. Il se rendit par la suite en pèlerinage à la Mecque, et, en 1416, il est à nouveau à Tunis où il suit et dispense des cours à la célèbre Zitouna. Apres vingt ans d’absence, il retourne à Alger où il se consacre  à l’enseignement.  Dès lors, sa  renommée  de mystique et de savant  ne cessa de s’étendre  et des étudiants, de plus en plus nombreux, se regroupèrent autour de celui  qui consacra une partie importante de sa vie à rédiger  plus de 30 ouvrages.

Selon la tradition, Sidi ‘Abd  al-Rahmân habita la rue où fut édifiée une mosquée qui  porta son nom et où, selon la légende, il reçut Sidi Muhammad Ben Auda, un saint de l’Oranie, qui pour impressionner le saint d’Alger arriva chevauchant un lion  et demanda  où il pouvait mettre sa monture. Sidi Abd ‘ al –Rahmân  lui répondit de la laisser à l’étable avec la vache. Lorsqu’il entra dans la pièce où se tenait Sidi Abd’ al-Rahmân, Sidi Ben  Auda s’étonna de le trouver entouré de belles femmes qu’ils l’écoutaient avec respect et le saint d’Alger lui rétorqua «  Al Ibada baîn al khros wa al-dhal machi baîn qarn al-jibal » (l’adoration de Dieu se rencontre plutôt entre les pendants d’oreilles et les tresses plutôt entre les pics des montagnes). Après une nuit de débat religieux, Sidi  ben Auda voulut reprendre sa monture, mais découvrit qua la vache avait mangé le lion.

Sidi Abd’al-Rahmân meurt en 1470, il est enterré à Alger où son tombeau, à l’extérieur de Bab al-Oued, sur la façade ouest de la muraille de la ville, deviendra rapidement un lieu sacré et connaitra une grande ferveur religieuse. En 1611, un mausolée fut édifié sur la tombe et, en 1696, le Dey Hadj Ahmed al-Hatchi édifia une mosquée à coupole qui reçut la suite plusieurs aménagements et ornementations.

 

  • EXTRAIT : Djamel Souidi -GRANDS PERSONNAGES DE L’HISTOIRE ANCIENNE DE L’ALGERIE ( des origines à 1830)- Editions du Tell , 2005 , p. 94,95

 

 

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2 Comment

Chelgou 22 mai 2017 - 14 h 38 min

Et la vache manga le Lion,pourquoi ? Waalach ya khawti ?

SAHRAOUI Mourad 15 juillet 2021 - 7 h 19 min

Thaaliba est pas une branche des Nanou Hilal ,d’une branche des Nanou maakil,trbu oroginaire du nord du yemen,d’après Ibn khaldoune

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