Hârûn ar-Rachîdهارون الرشيد, cinquième calife des Abbassides

Hârûn al-Rachîd ben Muhammad ben al-Mansûr, en persan هارون الرشيد, harun ar-rašid ben muhammad ben al-mansur, Hârûn signifiant Aaron et rachîd, le sage,  est le cinquième calife Abbassides.
Il est né en 765, à Ray (ville de la province de Téhéran), lieu de séjour de son père, al-Mahdî, et à la mort de son frère al-Hâdî en 786, il devint khalife. Il meurt à Tûs (nord-est de l’Iran)  dans le Khorasan le 24 mars 809 et y est enterré.

Le 14 septembre 786, à Bagdad, sur les bords du Tigre, Haroun al-Rachid devient calife, et son titre lui confère l’autorité sur la totalité des musulmans à l’exception de ceux d’Espagne. Le règne de ce cinquième calife abbasside, inspire le personnage légendaire des Mille et Une Nuits, à travers lequel il incarne aux yeux des Occidentaux, l’âge d’or de l’islam.

Très jeune,Harun al-Rachid subit la forte influence de sa mère, originaire  du Yemen : al-Khayzuran, et de son secrétaire, Yahya ben Khalid al-Baramika (ou al-Barmak). Son père, le calife al-Mahdi, lui confie  en 779-780 et 781-782 le commandement de deux expéditions contre les Byzantins avec le concours de vieux généraux, et bien que très jeune,  Harun al-Rachid est considéré comme l’artisan des succès remportés au cours de ces opérations. Al-Mahdi le nomme donc, après ces victoires, gouverneur d’Ifriqiya, d’Égypte, de Syrie, d’Arménie et d’Azerbaïdjan. Mais l’administration de toutes ces provinces est en réalité dirigée par Yahya al-Baramika.

En 782, sous l’instigation de sa mère, dont il est le favori, Harun est placé en second rang dans la succession au trône. Al-Khayzuran parvient même avec le concours de Yahya à convaincre al-Mahdi d’écarter al-Hadi au profit de Harun. Al-Mahdi meurt en 785, avant de prendre cette décision. Et Hadi, qui succède à son père, ne manque pas de maltraiter et d’humilier son frère Harun, qui, poussé par sa mère et par Yahya, ne renonce pas à ses prétentions au califat.

La mort d’al-Hadi (786) laisse la voie libre à Harun al-Rachid. Très reconnaissant et manquant d’expérience, le jeune calife laisse la réalité du pouvoir à Yahya al-Baramika, qui constitue, pendant dix-sept ans, avec ses deux fils al-Fadl et Djafar, une véritable dynastie barmakide.  Ibn Khaldoun rapporte à ce sujet que : « Ja`far ben Yahyâ fut même appelé « Sultan », ce qui montre qu’il avait la responsabilité générale et dirigeait l’État ». Mais, en 803, al-Rachid se retourne contre cette famille persane. Le calife prend alors la situation en main.

Sous son règne, Bagdad brille de mille éclats.  Elle offre l’exemple d’une civilisation raffinée, et ses commerçants entretiennent des relations avec le monde entier. Ses théologiens et ses savants élaborent une culture de premier plan. Sa population, en trois ou quatre générations, s’élève jusqu’à près de deux millions d’habitants, ce qui en fait la plus grande métropole de son époque.

Dans tout l’empire mais aussi dans l’émirat indépendant de Cordoue,en Espagne, et dans le royaume du Maroc, se développe un artisanat prospère dont le souvenir se conserve dans le vocabulaire :cordonnier vient de Cordoue, mousseline de Mossoul, produits damasquinés (orfèvrerie à la feuille d’or) de Damas, maroquinerie de Maroc…

Les Arabes restaurent et améliorent les anciens réseaux d’irrigation autour de la Méditerranée. Du fait de leurs liens avec la Perse, l’Extrême-Orient et l’Asie du Sud, ils introduisent de nouvelles cultures en Occident : riz, haricot, chanvre, canne à sucre, mûrier, abricotier, asperge, artichaut…

Dans ses relations diplomatiques, le calife Haroun al-Rachid fait preuve d’une remarquable activité. Il impose pendant quelques années un tribut aux Byzantins. Il envoie aussi une ambassade à Charlemagne et lui offre une horloge à eau ouclepsydre

Son règne témoigne aussi de la fragilité de l’autorité califale, car même en ayant éliminé  les  Barmécides (famille de Yahya, son précepteur de jeunesse, qui occupait la première place de l’Etat), le calife va laisser peu à peu son pouvoir tomber aux mains des ministres et des conseillers.

 

Ceci est une version de l’histoire, documentée et appuyée par des recherches, mais ne peut en aucun cas s’avérer exhaustive.. Le débat reste ouvert!

 

Mira B.G

Sources :

  1.  Ibn Khaldûn, le livre des exemples
  2. D. Sourdel, Dictionnaire historique de l’islam
  3. Herodote.net

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