El Harraz ou l’Enchanteur – Partie II – Le rapt amoureux –

Toute la journée passée à aligner des vers plus beaux les uns que les autres, il ne sentit pas le temps passé car c’était pour sa belle Aouicha qu’il les écrivait.

Aouicha qu’il aimait d’un amour tendre et pur, lui, le troubadour du village. Ses poèmes étaient dédiés à la mélodieuse voix de son rossignol ; Aouicha.Un brouhaha attira son attention. Il sortit et vit les villageois en émois. « Que se passe t-il ? » demanda t-il. « Aouicha a disparu ! » lui répondis un villageois. A cette réponse, il se sentit défaillir et d’une voix oppressée, il questionna : « Mais comment cela ? » Et ce n’est qu’au bout de sept jours, d’un calvaire inimaginable, qu’un messager annonça la nouvelle ; Aouicha a été kidnappée par un Harraz qui l’a enfermée dans un palais encerclé de gardes et situé entre la mer et l’embouchure du fleuve, subjugué, fasciné et conquis par la beauté souveraine de Aouicha

Au messager, notre poète répondit : « Tous mes amis sont des aigles, mais notre vision diffère sur la plus majestueuse des jeunes filles, car, je l’admire, moi, lorsqu’elle lui accorde quelques faveurs en le tourmentant, lui montrant ainsi de quoi sont capables les Maghrébines ! ». « Ö ! Vous qui m’écoutez, que dois je faire, quelle ruse dois- je utiliser avec ce harraz ? » questionna le poète « Ne t’inquiète pas mon ami, nous t’aiderons à retrouver ta bien aimée ! » répondirent d’une seule voie, les belles, venues s’enquérir de leur amie « Nous allons toutes partir avec toi et nous convaincrons ce Harraz de malheur, de relâcher Aouicha ta bien aimée ! » A ces paroles, notre poète repris espoir, et ensemble ils mirent au point un plan. Elles étaient douze, belles fleurs s’épanouissant dans un « Boustan » andalous, source de jouvence qui rendrait la jeunesse à un vieillard lui faisant oublier jusqu’à ses blancs cheveux. « Ecoute nos conseils Ô poète, nous sommes plus malignes que toi, seule la ruse peut venir à bout de ce Harraz ! » dit l’une des filles. « Je m’en remets à Dieu et à vous mes tendres amies ! » répondit le poète.

Elles déguisèrent notre jeune ami en un respectueux Cadi ; Fausse barbe blanche, Djellaba, livres de droit accroché dans sa besace, poignard, finement ciselé, attaché à sa ceinture et chapelet en main, ils prirent la route du palais. Après quelques heures de marche ils aperçurent le palais niché sur un îlot. A leur vue, les gardes appelèrent leur maître : « O érudit, voudrais-tu leur répondre ? » La silhouette maléfique d’El Harraz apparut sur les remparts. Il interpella notre poète déguisé en Cadi : « Que représentes-tu ô Maghrébin ? » et notre poète de répondre : « Je suis le Cadi de la ville venu solliciter ta bénédiction, ô sage érudit et t’inviter, au nom du GENEREUX, à honorer ma demeure de ta visite ! » « Ô Cadi ! Cette paix offerte, je ne la crois pas sincère. Pour moi, votre nourriture est illicite et tu es un Cadi fourbe. Passe ton chemin et éloigne-toi de moi. Comment un importun comme toi pourrait-il être Cadi ? » rétorqua le cerbère, qui, tel un faucon, rentra dans son palais. Nullement découragés par cette déconfiture, nos amis décidèrent d’un autre stratagème pour tromper ce diabolique Harraz, disciple de Sidi RahalA suivre

 

Sources : 

  1. Histoires et contes du Maghreb 
  2. Illustration : Étienne Dinet – Les amoureux | 220- D – Dinet Etienne [1861-1929

Partie I : https://www.babzman.com/el-harraz-ou-lenchanteur-partie-i-le-cavalier-venu-dailleurs/

 

 

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