Conte – Le caprice de la princesse –

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Il était une fois, une princesse qui comme toutes les princesses était très capricieuse. Le roi son père et la reine sa mère, l’adoraient et répondaient à toutes ses demandes même les plus extravagantes. La princesse avait un amour irrépressible pour la mer et pour tout ce qu’y vivait.

Le roi fit alors construire au sein même du château, un immense bassin où il fit venir toutes les espèces de poissons et de coquillages. L’architecte qui avait conçu la petite merveille,  avait aussi construit un passage souterrain par lequel la mer et le bassin communiquaient. La princesse l’ignorait et se contentait d’admirer les poissons évoluant dans le bassin tout en verre.

Un jour, un pêcheur qui avait fait mauvaise pêche, ramassa sur le rivage, un hippocampe qui lui parut de belle taille.

« C’est la Providence qui t’a mis sur mon chemin ! Je vais le présenter au roi qui en fera  cadeau à sa fille pour enrichir sa collection. J’en tirerai quelque argent! »

Malgré son insistance, le roi le renvoya, trouvant la prise négligeable. Mais juste à cet instant la princesse entra  et vit l’hippocampe. Elle décida sur le champ:

«Je le veux! Je le veux ! »

Le roi céda et paya grassement le pêcheur. La princesse mit son hippocampe dans son élément naturel. Elle passait, depuis, des heures à le voir évoluer. Rien ne pouvait la détourner de ce spectacle, pas même les autres poissons. C’est ainsi qu’elle s’aperçut que son hippocampe  disparaissait régulièrement pendant un long moment puis revenait. Elle ne put comprendre ses absences répétées.

Déçue, elle s’enferma dans sa chambre. Regardant par sa fenêtre, elle vit passer un mendiant qui profita de l’aubaine pour lui demander la charité. Aussitôt la princesse capricieuse s’amusa à lui jeter des pièces. L’une des pièces roula jusqu’à la mer et emportée par les vagues, elle échappa au mendiant qui la suivit avec acharnement. Il s’enfonça dans la mer et découvrit un couloir. Il s’y engouffra  et finit par déboucher dans une salle richement décorée. Il entendit des bruits de pas et eu  juste le temps de se cacher. Il vit alors arriver une belle sirène et un hippocampe de la taille d’un vrai cheval. La Sirène toucha la tête du cheval de mer et ce dernier se métamorphosa en un beau jeune homme.

La sirène et le jeune homme se mirent à table et mangèrent les mets servis. Le mendiant qui avait tout vu avait entendu parler de la peine de la princesse à voir disparaître son hippocampe.

« C’est peut-être celui de la princesse ! Je vais lui en parler. Elle fera de moi un homme riche, à coup sûr ! »

Le mendiant alla retrouver la princesse et l’entretint de ce qu’il avait vu au fond de la mer.

Sur sa demande, il accepta de la conduire sous les mers. Tout se passa comme prévu. La princesse vit l’hippocampe quitter sa carapace pour se transformer en jeune homme. Furtivement, la jeune fille se faufila dans la carapace vide et attendit. Quand le jeune homme regagna son abri, il y trouva la princesse. Surpris, il lui demanda ce qu’elle faisait là et sans attendre de réponse, il chercha à la protéger.  Il la sortit de la mer et dans le bassin du château, il lui conta qu’il était sous la domination de la sirène qui la tuerait  si elle savait. Il lui apprit aussi que la sirène adorait chanter et aimait la musique par-dessus tout et qu’elle portait toujours une fleur à ses cheveux : c’est dans cette fleur qu’elle avait enfermé la vie du jeune homme.

La jeune princesse se mit aussitôt à apprendre la musique et alla sur un récif jouer sans discontinuer. La sirène entendit les airs emportés par le vent et vint dire à la princesse :

«Joue encore et encore ! »

La princesse jouait de son instrument et la sirène chantait. La princesse s’arrêta et la sirène sous le charme de la musique, promit :

«Joue encore et je te donnerais ce que tu voudras !»

«Je jouerai alors et tu me donneras la fleur qui est dans tes cheveux !»

«Prends la fleur ! Elle est à toi ! Joue encore, s’il te plaît !»

La Sirène jeta la fleur et les vagues se déchaînèrent pour l’emporter au loin. La princesse se jeta  à l’eau et se mit à nager pour la rattraper. La princesse nagea, nagea et bientôt s’essouffla alors que la fleur s’éloignait toujours emportée par la mer démontée.

On appela le secours et toute la flotte du roi appareilla. La princesse sans l’aide de personne rattrapa la  fleur. Elle s’était tellement éloignée qu’elle n’avait plus de force pour retourner. C’est alors que le prince qui avait retrouvé son apparence humaine, la porta jusqu’au rivage en lui disant:

«Tu m’as sauvé la vie, je sauve la tienne. Mais je ne puis vivre sans toi, car ma vie t’appartient désormais.»

Ils se marièrent. On fit une fête qui dura sept  jours et  sept nuits. Ils vécurent heureux et eurent de beaux enfants dont l’un hérita de la passion de la mère pour la faune marine.

 

Source: D’aprés  le livre «Contes du terroir Algérien» Volume 1,  Editions DALIMEN

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