Conte – Ettayer lakhdhar oua jenahou yroud alayeh – Partie I – La branche de basilic

Autrefois, il y a de cela bien longtemps, il y avait une jeune princesse dont la beauté était à l’image du jour. Ses parents l’entouraient de tous leurs soins et s’inclinaient devant tous ses caprices.

Vint un jour où se trouvant dans un marché, elle rencontra un colporteur qui disait:

-«Achetez mon basilic! Je vend du basilic!»

L’appel attira l’attention de la jeune fille. Elle fut éblouie par la beauté du jeune homme qui proposait à la vente des branches de basilic. Elle alla trouver sa mère et lui conta ce qu’elle avait entendu et vu. La mère pour détourner l’attention de sa fille médusée, lui dit:

 

«Ma chère enfant, achetons un plan de basilic et partons! Nous avons d’autres achat à faire!»

Une fois chez elle, la jeune fille mit en terre le brin de basilic. Le lendemain, la première pensée de la jeune fille fut pour le plant. Elle s’empressa d’aller l’arroser. Mais à cet instant, un magnifique oiseau vint se poser sur la plus haute branche d’un arbre et se mit à chanter. Son chant si doux parvint aux oreilles de la jeune princesse qui se mit à chercher pour voir cette créature capable d’une telle mélodie. Elle chercha longtemps mais en vin: l’oiseau s’était bien caché dans l’épais feuillage. Pour le déloger, la jeune fille eut l’idée de lui lancer ses bagues. Elle vit alors un bel oiseau aux couleurs du paradis, sortir de sa cachette pour saisir au vol, le bijou et partir à tir d’ailes. Mais avant de disparaître, le belle oiseau interpella la jeune fille et lui dit:

«Maîtresse du basilic, je te remercie pour la bague! Ecoute mon chant!»

L’oiseau se mit alors à chanter et son aile reprenait le refrain. La jeune fille en fut émerveillée.

Le lendemain et tous les autres jours, la même scène se répéta. La jeune fille arrosait son basilic, l’oiseau renouvelait sa mélodie et la jeune fille renouvelait son offrande: bracelets, colliers, boucles, broches…, tous ses bijoux y passèrent, jusqu’au jour où elle n’eut plus rien à lancer. Dés lors, le bel oiseau cessa de venir. La perte de tous ses bijoux et l’idée de ne plus voir son beau visiteur causèrent à la jeune fille une profonde affliction qui s’exprima par une tristesse constante. Sa santé s’altéra tant qu’elle en perdit le manger, le boire et le sommeil aussi.

Désespérés, les parents firent venir à son chevet les plus éminents docteurs, les plus illustres talebs, les plus brillants magiciens, mais le mal mystérieux la maintenait dans une léthargie inquiétante. Dans un ultime effort, le père proposa une fortune à quiconque guérirait sa fille bien-aimée.

Une vielle femme se présenta et demanda à être seul avec la jeune fille. Dans le secret, la malade lui conta l’étrange histoire de l’oiseau vert qui chantait pendant que son aile lui répondait (ettayer lakhder elli ighani oua jenehou iroud alayeh). L a vielle femme lui dit alors:

«Rends-toi à la forêt! Tu y trouveras une grotte sur le côté est, là où se lève le soleil! pénètres-y et attends! Garde toi de déranger quelque chose de ce que tu y trouveras!»

«J’y vais maintenant! Je ne puis attendre!» … A SUIVRE

 

Sources: Editions Dalimen – Contes du terroir algérien – 

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