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HistoireLa colonisation française (1830 à 1962)

Le sort des prisonniers de la smala d’Abdelkader

prisoniersLes prisonniers sont acheminés péniblement vers Alger en utilisant les bêtes de sommes et les bœufs capturés pour le transport des femmes, des enfants et des bagages. Ils sont recensés à leur arrivée et immédiatement répartis en deux groupes : les gens importants et la masse des autres.

Les premiers, placés à la Casbah d’Alger et traités avec égards, comptaient : 126 hommes, 136 femmes, 43 enfants mâles et 72 filles, soit 377 personnes au total. Ils étaient plus ou moins bien identifiés et on se préoccupait de leur contrôle nominatif pour en tirer des renseignements politiques. Ce recensement fut sans doute trop rapide et, par exemple, on rendit la liberté à un marabout des Ouled Sidi Kada Ben Moctar, cousin de l’Emir, tandis qu’on retenait un autre prisonnier sous la prévention d’être un oncle d’Abdelkader alors que celui-ci n’avait pas d’oncle.

Les autres prisonniers constituaient un effectif de 3224 personnes dont 450 hommes, 1422 femmes et 1352 enfants des deux sexes, le nombre élevé de femmes et d’enfants s’expliquant par la composition de la smala et les conditions dans lesquelles elle avait été prise. Installés « aux environs de la Maison Carrée », ils étaient divisés par douars ayant chacun à leur tête un chef répondant de la police et de l’ordre, l’ensemble sous le commandement d’un capitaine et la surveillance d’un sous-intendant, les soins étant dispensés par le chirurgien assurant le service à la Maison Carrée. Ils possédaient des tentes et avaient construit des gourbis, note le rapport du général de Bar qui précise aussi : « Leurs rations se composent de pain, de riz, de sel et de chauffage en fagots. Ils ont presque tous des ustensiles pour la cuisson de leurs aliments, et avec les quinze centimes qui leur sont alloués par jour, il achètent de l’huile pour les assaisonner. On avait remis à l’administration les 400 bœufs capturés mais, malgré le règlement et par raison d’humidité, les vaches laitières furent laissées aux prisonniers ainsi que « les mulets et les ânes pour le cas où ils seraient renvoyés chez eux ». Tous étaient dans un grand état de misère et il fallut délivrer des vêtements à beaucoup d’entre eux.

Une grande partie sera libérée. Ils seront transportés par mer à Oran où ils regagneront leur ancien territoire. Ils y retrouveront ceux qui ont échappé à la prise de la smala mais qui sont tombés entre les mains de La Moricière.

Quant aux prisonniers « importants », ils seront détenus à l’île Sainte-Marguerite, au large de Cannes (France). Les libérations se faisant par partie, les derniers prisonniers quittèrent l’île en 1848.

 

La rédaction de babzman

Source :

  1. *Les prisonniers de la smala d’Abd el-Kader, par Xavier Yacono. In  Revue de l’Occident musulman et de la Méditerranée. Année   1973, volume   15, numéro   15-16.

 

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