Quand le Prophète Mohamed (QSSSL) avait eu la révélation, le jeûne n’était pas encore imposé. Le jeûne n’est pas propre à l’Islam, ni ne fut un nouveau concept avec sa venue ; le jeûne existe dans plusieurs cultures et religions, depuis bien longtemps. Dans les trois religions monothéistes, l’acte de jeûner est étroitement associé à la prière et au partage.
Chez les hébreux, il y a le Pentateuque qui évoque l’expérience absolue du prophète Moïse qui avait jeûné et prié quarante jours durant, pour recevoir la Torah de Dieu. Aussi, dans la communauté israélite, pour solliciter le pardon divin, mettre fin à une calamité ou s’en prévenir, les individus recourent au jeûne. Youm Kippour, destiné à obtenir le pardon des péchés, est le seul jour inscrit au calendrier, avant l’exil à Babylone. En plus de devoir s’abstenir de manger et de boire, du lever au coucher du soleil, (seul le jeûne du Yom Kippour impose de jeûner 25 heures consécutives !), les fidèles ne doivent : ni se parfumer, ni se laver, ni porter des sandales (ou tout objet comportant des semelles en cuir) ni avoir des rapports sexuels. Le prophète Zacharie, avait mentionné les jeûnes commémorant les événements de la destruction du Temple.
Pour la communauté chrétienne, le jeûne est un véritable chemin spirituel, à ce propos, rappelle le Frère Enzo Bianchi, prieur du monastère de Bose, « Par le jeûne, nous apprenons à connaître et à modérer nos nombreux appétits, à travers la modération de l’appétit fondamental et vital : la faim. Et nous apprenons à discipliner nos relations avec les autres, avec la réalité extérieure, et avec Dieu. »
Jeûner serait plus un acte spirituel, une osmose avec le Divin, qu’une soumission. Durant le jeûne, le pratiquant doit purifier son âme, mais également se ressourcer de manière spirituelle, mais aussi penser à partager et donner, tout en s’éloignant des pêchés.
Mounira Amine-Seka.
Image : la Grande mosquée de Kairouan (Tunisie) lest l’un des édifices religieux les plus anciens.