Babzman
Image default
Accueil » Houria la Brune, l’agent infiltrée au sein du FLN
Histoire d'Algérie La colonisation française (1830 à 1962)

Houria la Brune, l’agent infiltrée au sein du FLN

Houria la Brune est associée à ce que fut la plus grande opération d’infiltration au sein du FLN par des agents doubles, au service de l’armée française. Les archives du ministère de la Défenses français, révélées en 1998, démontrent son implication dans l’assassinat de Ali la Pointe et ses acolytes Hassiba Ben Bouali, Hamid Bouhamidi et le Petit Omar.

Opération « La Bleuite »

L’opération de l’armée française portant le nom de « La Bleuite » fut menée par le capitaine Paul-Alain Léger, avec pour objectif premier : détruire le FLN de l’intérieur, et principalement la Zone Autonome d’Alger (ZAA) – «le Maquis urbain », dont le fief était la Casbah. L’agent double Houria, dite la Brune, ex militante du FLN, fut recrutée par la force et l’intimidation, après son arrestation, suite à la dénonciation de son mari, désireux, semble-t-il, de se débarrasser d’elle selon le témoignage de Jean-Paul Mari, auteur du documentaire « La “Bleuite”, l’autre guerre d’Algérie ».

En septembre 1957, elle est donc présentée à Paul-Alain Leger, ce dernier est connu pour ses méthodes peu conventionnelles, qui excluent toutefois la violence et la torture. Il opte pour la manipulation en semant la peur et la paranoïa. Faisant courir la rumeur du déclin du FLN, il draine les peureux, et les hésitants soucieux de se retrouver dans le “bon camp”, quand « les troubles » auraient pris fin. C’est ainsi qu’il recrute Houria qui commença à fréquenter les lieux publics de la Casbah, marquant au crayon les “suspects”.Elle deviendra « [ ] celle qui se révélera être sa meilleure agente. Il l’infiltre dans la Casbah et les renseignements pleuvent. [ ] Les guetteurs de Léger, hommes, femmes et enfants, n’ont aucun mal à suivre l’agent de liaison marqué au dos d’une trace crayeuse. »

L’une des victimes de Houria, est l’adjoint de liaison de la ZAA, Ali la Pointe. Il fut pisté jusqu’à la cachette de Yacef Saadi, chef de la ZAA, et de et Zohra Drif, dans la demeure de Fathia Bouhired, à 3, rue Canton, ce qui a conduit à leurs arrestations, le 24 septembre 1957. L’opération fut menée par les paras français en étroite collaboration avec Houria la Brune, et  Hacene Ghendriche, un autre agent infiltré de Leger. Peu de temps après, la cachette de Ali la Pointe, Hassiba Ben Bouali et le Petit Omar, neveu Yacef Saadi, est repérée et faite explosée le 8 octobre 1957, ce qui causa la mort des trois agents ainsi que de nombreux civils.

Un autre nom de la ZAA tombe le 15 octobre 1957, il s’agit de Abderrahmane Ben Hamida piégé par Ghendriche. Le FLN prit connaissance de l’opération d’infiltration, Amirouche dépêche une lettre de mise en garde datant du 3 août 1958 à l’ensemble des chefs des wilayas afin de mener une contre-enquête à propos des infiltrations. Les archives coloniales font mention de plus de 4000 martyres ciblés par la campagne de désinformation.

Ghendriche et Houria la Brune se fondent aujourd’hui dans l’anonymat.

Leila Assas

Sources :

  • Jean-Louis Gérard DICTIONNAIRE historique et biographique de la GUERRE D’ALGÉRIE © Éditions Jean Curutchet, 2000 64640 Hélette
    ISBN : 2.912.932.27.0.
  • Frémeaux Jacques. Pellissier (Pierre) : La bataille d’Alger. In: Revue française d’histoire d’outre-mer, tome 85, n°318, 1er trimestre 1998. pp. 128-129.
  • Image à la UNE : tirée d’un documentaire diffusé par France 5 – La bleuite

Articles similaires

Laissez un commentaire